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Société

Bénin : Les 10 identifiants de connexion à Covè

H Hervé 6 min de lecture 1,006 lectures
Bénin : Les 10 identifiants de connexion à Covè

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Située dans le département du Zou, au cœur de la région Agonlin, Covè se dévoile à travers une histoire ancienne, un patrimoine culturel riche, des espaces naturels remarquables et une économie largement portée par l’agriculture et la transformation. Pour mieux faire connaître cette identité, le Maire Auguste Amoussou Aïhunhin a présenté « Covè en 10 regards », un document consacré aux différentes facettes du territoire.

Portée par la mairie sous l’impulsion du maire Auguste Aïhunhin, cette initiative propose dix portes d’entrée pour découvrir Covè autrement. Le document entend à la fois rappeler la mémoire du territoire, mettre en valeur ses savoir-faire et montrer les possibilités qui s’offrent à la commune.

Une histoire et des traditions toujours présentes

Covè est d’abord une terre d’histoire et de spiritualité. Ses palais, ses temples et ses lieux de mémoire témoignent de l’organisation traditionnelle de la société. Le palais de Dada Zéhè à Gounli figure parmi les repères importants de cette histoire. La tradition locale s’organise autour de plusieurs ordres, notamment celui des Ahossou, des Vodounon, des Sangni-Bokonon, des Donkpingan, des Fa-Bokonon et des Gbéto. Cet héritage continue de donner une place particulière aux traditions dans la vie de la commune.

Le Guèlèdè, une expression culturelle emblématique

Cette identité culturelle se retrouve également dans le Guèlèdè. Covè compte parmi les territoires où les masques occupent une place importante dans les pratiques culturelles. Hérité de l’aire culturelle yoruba et introduit à Covè au début du XXe siècle par le dignitaire Déguénonkpè, le Guèlèdè s’est progressivement enraciné dans la communauté. La présence des « statuettes vivantes » constitue notamment une particularité signalée dans le document.

Autre élément singulier du patrimoine local : le satô. Ce tam-tam sacré, toujours joué en duo, composé d’un mâle et d’une femelle, occupe une place particulière dans la tradition d’Agonlin. Son utilisation est réservée à certaines cérémonies de grande envergure, avec l’autorisation des Ahossou. Associé à la divinité Satô-Kètè, il dépasse ainsi la seule fonction musicale.

Des paysages et des sites naturels à préserver

La nature constitue un autre visage de Covè. Le fleuve Zou et le lac Nakava participent à la configuration du territoire, tandis que plusieurs forêts sacrées abritent des espaces naturels et culturels préservés. Kponzoun, Allozoun, Fionzoun, Orozoun, Lobozoun et Dokounonzoun figurent parmi ces sites. Kponzoun est particulièrement connue pour ses sources, dont Kètè, Loto, également appelée source aux crocodiles, et Tohounmion, présentée comme une source thermale. Les collines SOVO, FESSO et AVOUNSO complètent ce paysage.

L’agriculture et la transformation au cœur de l’économie locale

Cette richesse naturelle accompagne une activité agricole importante. Plus de quatre actifs sur dix travaillent dans le secteur primaire et près de 80 % des habitants tirent directement leurs moyens de subsistance des produits de la terre, selon le document. Manioc, maïs, riz, arachide, niébé, agrumes et cultures maraîchères figurent parmi les principales productions.

La transformation locale permet ensuite de donner une valeur supplémentaire à ces productions. Le kluiklui d’Agonlin, le bigo, l’huile d’arachide Agonlinmi, l’huile de palme, le sodabi ou encore le fromage de soja illustrent cette économie de transformation. L’huile d’arachide d’Agonlin bénéficie par ailleurs d’une Indication géographique protégée (IGP), qui reconnaît son origine et le savoir-faire traditionnel associé à sa production.

À côté de l’agriculture, l’artisanat occupe une place importante. La sculpture sur bois permet notamment de produire des masques Guèlèdè, des statuettes et différents objets liés aux pratiques culturelles. Des familles comme les Houessou, Lokossou, Aïdodè, Tobossi et Dossou ont contribué à la transmission de ce savoir-faire. Poterie, vannerie, travail du raphia et fabrication de lits en bambou complètent cet univers artisanal.

Une diversité culturelle portée par la solidarité

Le septième regard posé sur Covè concerne la vie collective. La commune rassemble différentes communautés, notamment mahi-fon, adja, yoruba, nago, ibo, haoussa, germa et peulh. Le quartier Zongo témoigne notamment de la présence haoussa. Cette diversité s’inscrit dans une organisation sociale fondée sur l’entraide, la concertation et la solidarité.

Le tourisme comme nouvelle voie de valorisation

Tous ces éléments ouvrent naturellement la question du tourisme. Covè dispose de plusieurs points d’appui pour construire une offre autour du patrimoine culturel, du sacré et de la nature. Le document identifie notamment la porte d’entrée touristique de Covè, la route des vodouns et la destination des Collines de Covè. Aux sites s’ajoutent les masques Guèlèdè, le satô, les rythmes et danses traditionnels, la sculpture et une gastronomie locale particulièrement variée.

La commune veut également inscrire cette valorisation dans une perspective plus large. Ses partenariats avec Saint-Germain-au-Mont-d’Or et Niort en France, Tournai et Saint-Trond en Belgique, ainsi qu’avec Atakpamè au Togo, constituent des ouvertures vers la coopération décentralisée. Covè est aussi membre de l’Association internationale des maires francophones.

Covè, pôle administratif et terre d’élites

Enfin, le document rappelle la place administrative et intellectuelle occupée par la commune dans la région. Covè a connu par le passé la présence de grandes maisons commerciales telles que JB Olivan, John Holt, Vallar Richard et CFAO. Elle abrite aujourd’hui plusieurs services et infrastructures, dont l’Hôpital de Zone d’Agonlin, les services des impôts, le centre de secours des sapeurs-pompiers, le Centre des métiers, l’Office de Tourisme d’Agonlin-Covè et une agence de la Bank of Africa.

À travers ces dix regards, « Covè en 10 regards » dessine finalement le portrait d’une commune qui s’appuie sur son histoire pour mieux présenter ses ressources et envisager son avenir. Un territoire où patrimoine, agriculture, artisanat, tourisme, diversité culturelle et coopération locale et internationale se rencontrent. Une manière, aussi, pour la municipalité conduite par le maire Auguste Aïhunhin de raconter Covè à ses habitants comme aux visiteurs, et de faire connaître davantage ce territoire d’Agonlin.

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